Pôle économique et commerçant durant plusieurs siècles, Janzé connaît une période d'expansion au XIXe siècle, avec en particulier le commerce des toiles à voiles. Elle devient chef-lieu de canton d’abord de trois communes seulement : Janzé, Brie, Amanlis, puis en 1801 de l’ensemble des six communes actuelles.

Janzé la marchande

Après la Révolution, Janzé et Châteaugiron fournissent toutes les toiles à voiles de la marine d'Ille-et-Vilaine avec un marché important le mercredi, dont les poulardes font la renommée, en 1900, elles figurent au menu des grands transatlantiques. À côté du chanvre nécessaire à la fabrication des voiles, la commune produit des céréales notamment le blé noir, essentiel dans l'alimentation et des pommes destinées à la fabrication du cidre.

 

 

La tradition commerciale de Janzé, à peine freinée par la révolution, repris son essor sous l’empire et ne cessa de croître durant le XIXe siècle. Il existe alors de très vieilles halles en bois, situées en face de l'ancienne église Saint-Martin, qui abritent également la salle de la mairie et l'auditoire. Les vieilles halles sont alors le centre des transactions, mais étant trop exigu le commerce s’étend partout : chaque rue à sa spécialité.

 

Le marché

 

Le marché …

  • Aux grains sous les halles
  • Aux volailles rue neuve
  • Aux veaux sur le champ de foire
  • Aux fils et tissus sous les halles
  • A la filasse rue Saint-Pierre
  • Aux œufs rue Nantaise
  • Aux assiettes de beurre rue Lantivy
  • Aux blocs de beurre ancienne halle au grain
  • Aux châtaignes rue de la Paix
  • Aux pommes de terre rue de la Paix
  • Aux graines de chanvre, de lin, de colza, de trèfle et de ray-gras place du Puits Neuf
  • Aux légumes, pois secs, poissons, harengs et sardines Place des Halles
  • Paniers, friperies, quincaillerie, faïencerie, chaussures sur le champ de foire

Halles

HALLES

1856-1857
Place des Halles
Architecte : Jacques Mellet
Granit et enduit

C’est donc l’exigüité des lieux offerts au marché (place, halles…) qui amena la municipalité à envisager l’extension de la ville et de ses services, par entre autre, la création d’un champ de foire, de halles…

Longtemps propriété privée, les vieilles halles ne sont cédées à la municipalité qu'en 1845. Une dizaine d'années plus tard, celle-ci fait construire de nouvelles halles. En 1861, les anciens bâtiments, voués à la démolition, sont fermés.

La salle de la mairie et l'auditoire sont détruits vers 1870, après la construction des nouvelles halles. Une maison en brique au pignon sculpté est alors construite pour abriter la nouvelle mairie. Dès 1874, un projet d'agrandissement voit le jour. Finalement, la construction d'un nouveau bâtiment est entreprise à partir de 1886. Il s’agit de l’hôtel de ville actuel.

Ancienne Mairie

ANCIENNE MAIRIE

1873
Brique et tuffeau
Place de l'Hôtel-de-Ville

Une ville en plein essor

Ce sont les années 1850 qui marquent le début des grands projets de croissance et d’évolution de la ville. En l’espace de 50 ans, de 1860 à 1910 environ, toute la physionomie de Janzé va changer avec, la construction de nombreux bâtiments publics et d'entreprises, des percements et des places ; avec ses maisons bourgeoises, ses balcons et l'emploi de la brique. C'est aussi à cette période que se dessinent les premiers axes d'urbanisation, avec l'arrivée du chemin de fer en 1881 et la création de nouveaux quartiers comme celui de la gare…

Les travaux d'aménagement d'une ligne de chemin de fer Rennes-Châteaubriant sont entrepris dans la région vers 1876. La cité marchande y voit un axe de développement vers le sud pour son commerce. Le bâtiment même de la gare est construit en 1880 et l'inauguration de la ligne à lieu le 28 décembre 1881.

Annexe de la Gare

ANNEXE DE LA GARE Brique et ciment

L’implantation de la Gare et le Champ de foire

Immédiatement après la construction de la gare ; en 1881-1882 est crée un boulevard reliant la ville à la gare. C’est donc après cette création que le terrain compris dans l’angle formé par la route de Bain et l’avenue de la gare devint le champ de foire. Tout un nouveau quartier se développa alors avec des maisons plutôt modestes, face à la ligne de chemin de fer et de grandes maisons bourgeoises décorées pour les négociants donnant sur l’avenue avec sur l’arrière leurs entrepôts.

 

Avenue de la Gare

Maison bourgeoise avec avant-cour située sur rue et zone de services à l’arrière.

Fin du XIXe siècle

Pierre enduite

> 8 bis, boulevard Léon-Thébault

Maison_bourgeoise

 Janzé conserve de nombreuses maisons construites au XIXème siècle et au début du XXème siècle. Elles forment un bâti typique de l’époque et présentent une certaine unité avec l’emploi de la brique en particulier.

 

> Place de la Mairie

Maison_1 Maison_2

 > Rue Nationale

Immeuble

Immeuble de rapport en briques qui témoigne de la richesse de Janzé au XIXème siècle, notamment grâce à l’industrie florissante de la toile.

 
> 6, Rue Paul Painlevé

Maison datant des années 1875-1880 rappelant le style des maisons du quartier Sévigné à Rennes.

Maison bourgeoise à la façade symétrique de type ternaire au décor de façade très soigné, mélangeant divers matériaux : briques, schiste, granit.

 

Les briqueteries à Janzé

Janzé était le siège de plusieurs briqueteries importantes et le bâti ancien de la ville et de la région le démontre bien.

 

La briqueterie de «Bel-Air »

La première existait au début du siècle (vers 1820-1830) au lieu-dit «Bel-Air ». Elle appartenait à monsieur Choquené et Ménard, qui décident d'exploiter les filons de terre glaise pour fabriquer des briques. Pour la maîtrise du savoir-faire, ils font appel à une famille de briquetiers de Jersey. Mais l'activité de ces fabriques ralentit dès après 1914 car leur trop faible mécanisation les empêche d'affronter la concurrence. Celle de Bel-Air, qui abrite un fourneau, des entrepôts et des appentis, cesse complètement son activité dans les années 1941-1942. Les bâtiments de la briqueterie de Bel-Air abritent désormais une maison d'habitation.

La brique était considérée comme un matériau noble. Elle entrait dans la fabrication des façades principales très souvent composées et décorées de corniches et bandeaux. Ces briques présentaient aussi une variation infinie de couleurs qui pouvaient aller du saumon clair au rouge brique, de l’orange au noir-bleu-brûlé (coups de feu). La brique servait elle-même d’élément de décoration de par la diversité de ses couleurs et des possibilités multiples d’agencement. Elles étaient jointoyées au mortier de chaux et de sable.

> 5, rue de Lantivy

Ici, les briques disposées en arêtes de poisson forment une frise décorative.

5_rue_de_Lantivy

Les pignons et façades arrière étaient montés avec un autre matériau (moellons de schiste, pans de bois).

6_rue_Saint_Pierre

> 6, Rue Saint-Pierre

Inscrit sur un parcellaire étroit, cette immeuble de très belle facture doit dater des années 1850. La façade principale sur rue est composée au rez-de-chaussée de granit, aux étages de grandes briques. Celle-ci est une façade d’apparat avec ses balcons ouvragés, ses entourages de fenêtres en tuffeau sculpté. Contrairement à cette façade d’apparat, la façade sur cour est en pans de bois enduits et ne fait l’objet d’aucun traitement particulier.

Exemple de type de maison bourgeoise du XIX ème siècle.

1875

rue_flandres_dunkerque

Type ternaire : distribution centrale avec une pièce de chaque côté. Là encore, la façade principale est en grandes briques bien appareillées avec des encadrements de baies en granit. Les pignons sont en moëllons de schistes laissées apparents ; la façade arrière est enduite.

 

L’architecture de Janzé est donc marquée par le XIXème siècle. Son originalité et ses caractéristiques apparaissent en particulier au travers des points suivant :

  • L’emploi de la brique de production locale,
  • L’usage des balcons (existence de plusieurs serruriers locaux)
  • Les décors en ciment moulurés dus à M. Baglione, maçon, originaire de l’Italie du nord, arrivé à Janzé en 1911

Balcon Ciment_moulur

 

L’une des plus vielle maison de Janzé se situe à la jonction de l’ancienne rue de la Beurrerie rebaptisée plus tard rue Nantaise et de la rue Saint-Michel, son fronton triangulaire en tuffeau porte encore l’inscription : 1754 E. Audigier Ne Boue. C’est là que se trouvait le vieux puits communal de la Nonnerie, dont la toiture était soutenue par quatre colonnes. Plus tard, il est remplacé par une pompe, désormais disparue.

1754_E._Audigier_Ne_Boue

 

Pour en savoir plus :

  • « Janzé, ses origines, son histoire » Marie Soraye-Racapé, 1982, édition Yves Salmon
  • « Au fil du temps, Janzé, au fil des ans… » J.P Duhamel, 1995, Maury imprimeur.
  • « Janzé, récits et images du passé » J.P Duhamel
  • Syndicat mixte du Pays de la Roche aux fées, canton de la Guerche-de-Bretagne et de Janzé, Etude d’ensemble, novembre 1986
  • Collectif , Le Patrimoine des communes d’Ille-et-Vilaine, 2000, Edition Flohic.
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